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Retour d’Ottawa

En fin de semaine dernière se déroulait le Marathon d’Ottawa. Au grand désarroi de plusieurs amis et coureurs, je participais au 5km.

Tu cours juste 5km, tu peux ne pas courir plus?

À cette vitesse là, pas vraiment.

Ah ok, c’est un sprint?

Si on veut.

Toujours est-il que je ne parlerai pas beaucoup de ma course, mais plutôt de ce qui entoure la course.

Les chaussures

Dans mon post sur le marathon de Boston, j’exprimais qu’à Boston, les gens ne portent pas vraiment les mêmes marques qu’ici à Québec. Eh bien, le marché d’Ottawa ressemble pas mal plus à celui de Québec! Pratiquement pas de Newton, beaucoup de Asics et de plus en plus de chaussures minimalistes. Ce week-end j’ai vu au moins 4 coureurs pieds-nu (je ne pense pas que cette tendance va gagner beaucoup de traction), mais beaucoup de chaussures minimalistes.

Vite de même, je pense que ça aide les gens à mieux courir. La plupart de ceux qui portent des chaussures minimalistes courent adéquatement. Pourquoi? Deux choses se produisent selon moi :

  1. Une partie de ceux qui changent pour des chaussures minimalistes adaptent leur foulée (consciemment ou inconsciemment) et courent ‘’mieux’’.
  2. Une autre partie (probablement moins de gens) de ceux qui changent de chaussures ne modifient pas leur foulée et augmentent leurs chances de se blesser. Une fois blessés, ils retournent à leurs anciennes chaussures.

Comment courir?

Selon moi, pas besoin d’être un génie pour commenter la technique de course de quelqu’un. Si on voit que c’est un peu bizarre, ce n’est probablement pas bon. J’ai regretté de ne pas avoir eu ma caméra, parce que j’en ai vu de toutes les couleurs. Du gars qui court à 120 pas par minute en faisant des bonds de kangourou jusqu’à celui qui court replié sur lui-même, comme s’il avait un ballon de football à protéger.  Le problème qui me revient toujours avec la technique de course (observée par les yeux), c’est qu’elle n’est pas un bon prédicateur des performances. J’ai vu du monde bien courir et finir leur 10k en 60 minutes, alors que j’ai vu des gens mal courir et finir leur 10k en 35 minutes.

Alors, quelle est la part de la technique de course dans la performance? Dure à dire…

Je pense que plusieurs personnes ont reçu le conseil de courir sur le devant du pied et pas sur le talon. Selon moi, cet aspect de la technique de course est le résultat d’une technique adéquate et non un objectif à atteindre. En tout cas, certaines personnes ont probablement eu seulement ce conseil et courent… tout croche. Peut-être est-ce efficace (j’en doute), mais en tout cas ce n’est certainement pas élégant. J’aurais aimé prendre des vidéos pour vous montrer. On dirait que certains courent comme des poules…

Ambiance

Évidemment, il y a moins de spectateurs à Ottawa qu’à Boston. Ottawa a une belle ambiance quand même. L’ambiance est plus relaxe qu’à Boston, ce qui est quand même appréciable. Ce qui est plaisant aussi c’est qu’il est plus facile de trouver quelqu’un que tu connais à Ottawa. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de voir courir les gars de chez Trimes et Montréal Endurance.  Ça fait toujours plaisir de voir que ces gens existent pour vrai…

Ma course

Le 5 km part à 17h, c’est quand même tôt si tu arrives directement de Québec. Surtout si tu as fait une crevaison la veille et que tu le réalises le matin même… Ce fût une belle occasion de montrer que je sais changer une roue!

Au Marathon d’Ottawa, il y a des bourses pour le 10km et le marathon, ce qui explique que le niveau est moins relevé sur 5km et sur demi-marathon. Quand même, je trouve que ce n’est pas une raison pour que le premier  »Start corral » (zone de départ selon le temps) rassemble les coureurs de 25 minutes ou moins sur 5km. Il est d’ailleurs arrivé un fait plutôt cocasse au départ. Dany Racine, le futur gagnant de l’épreuve a demandé à la fille à côté de moi s’il pouvait se placer devant elle. Elle a répondu que ça la dérangeait et qu’elle ne le laisserait pas passer… Dany est donc parti juste à côté de moi, sur la 5e rangée environ. Pas besoin de vous dire que le départ fût dangereux. Il fallait tourner à gauche après environ 200m. Il s’est joué du coude et le tempo est parti VRAIMENT vite, afin de ne pas être pris dans le premier coin. À quel point sommes-nous partis trop vite? Je ne le sais pas parce qu’il n’y avait pas de bornes de kilométrage. Incroyable, non? Je suis un peu déçu. Toutes les autres distances avaient leurs bornes de kilométrage, sauf le 5km. Ça passe pour une course de campagne (même là…), mais pour le marathon d’Ottawa, il me semble que c’est un minimum. Finalement, j’ai eu une bonne course (j’ai battu mon objectif par 3 secondes et j’ai battu mon record personnel par 11 secondes) et je suis très satisfait!

Cette semaine, il y aura une grosse annonce en ce qui concerne le DMCB (Demi Marathon de la Côte de Beaupré), restez à l’affût!

Marathon de Boston – Tout sauf la course –

Lundi le 16 avril dernier s’est déroulé le marathon de Boston. J’y ai participé, pas pour performer à mon maximum, mais plutôt pour m’amuser et aider mon père à battre 3h37, soit son meilleur temps à Boston. Nous avons réussi notre mission (peut-être un récit qui s’en vient) malgré la température élevée. Tout ce qui touche à Boston est grandiose et mon objectif dans ce billet est de vous décrire le mieux possible ce que j’y ai vécu et de vous donner des trucs pour ceux qui iront.

La route

Boston est situé à 694 kilomètres de Québec. Nous sommes parti tôt samedi matin, avons mangé à Montréal et sommes arrivé à Boston pour souper. Nous avons mangé dans un restaurant que j’ai trouvé extraordinaire, Tuscan-Kitchen situé à Salem. Je ne suis pas un expert en restaurant, alors je vous épargne ma description et les détails, mais je vais juste dire que c’était probablement le meilleur restaurant où j’ai mangé. Salem est un choix avantageux pour ceux qui veulent visiter Boston. Trente minutes de route et vous êtes à Boston, pour un prix fort raisonnable.

Dimanche matin nous sommes parti vers la ville de Boston, avons passé sur le superbe pont dont je ne sais pas le nom et sommes arrivés à l’expo à 9h.

L’Expo

Le Marathon de Boston est probablement le marathon le plus connu au monde et l’expo est assez impressionnante. Plusieurs compagnies de chaussures profitent de l’occasion pour faire des préventes de chaussures qui ne sont pas encore officiellement sorties (Saucony Kinvara 3) ou pour sortir un modèle avec une couleur spéciale pour Boston (New Balance 890). 

C’est BIG. Juste le kiosque Adidas (commanditaire principal du marathon) est énorme. Justement, c’est un peu spécial que Adidas, une compagnie européenne soit commanditaire du Marathon de Boston, alors que New Balance a justement son siège social à Boston… L’argent n’a pas d’odeur

Juste pour donner les t-shirts medium pour homme, il y a une dizaine de bénévoles. Pas besoin de vous dire qu’en entrant à 9h (ouverture), on n’a pas trop attendu.

Ces bannières feraient super bien dans mon salon…

Brooks avaient un stand où ils faisaient courir les gens sur des tapis roulant pour ensuite leur montrer des vidéos à l’aide d’un Ipad. Ingénieux.

Évidemment, dans les expos, tout le monde veut vendre des produits et on se ramasse avec des tonnes de flyers et d’échantillons. Voici ma récolte:

En sortant de l’expo, nous avons rencontré un animateur de la compagnie Newton qui offrait des cliniques sur la technique de course. Je me suis dit que ça ne serait sûrement pas très intéressant, mais mon père semblait très intéressé. Finalement, ce fût une expérience extrêmement positive. La clinique était bien montée et l’animateur était intéressant. Il n’a pas essayé de nous vendre sa salade, mais plutôt essayé d’aider les participants à améliorer leur technique de course. Disons que j’ai eu de la facilité à faire les exercices, ce qui n’était pas le cas de mon accompagnateur. Je ne le savais pas à ce moment, mais l’animateur était une star. Il s’agit de Ian Adamson (que je ne connaissais pas). Il était au courant des plus récentes études et ce fût un vrai plaisir de discuter avec lui. Disons que j’ai été étonné des chaussures Newton et de voir qu’elles sont aussi populaires aux États-Unis alors que la marque est pratiquement inexistante au Québec. Est-ce que certains d’entre vous les ont déjà essayés? J’aimerais bien recevoir votre feedback.

Visite de Boston

J’adore les villes qui ont des services du style Bixi. C’est le cas à Boston et pour les voyageurs, c’est extrêmement pratique. C’est plus rapide que marcher, ça permet d’arrêter n’importe où et de visiter la ville sans être enfermé dans une auto. À Boston, ces vélos s’appellent Hubway et sont commandités par…. New Balance!

Une fois qu’on a un vélo, il faut quand même savoir s’orienter…

Nous avons eu besoin d’un GPS, d’un BlackBerry et des cartes situées dans la ville afin de trouver tout ce qu’on cherchait… Sauf que finalement, c’est en demandant à des passants qu’on a réussi à trouver le restaurant! J’ai trouvé la ville de Boston très jolie et je compte bien y retourner pour une « vraie » visite.

Les chaussures de course

Le minimalisme n’est plus une mode. Un bon pourcentage de coureurs avaient des chaussures de type racer ou minimaliste (et pas seulement la journée du marathon, aussi à l’expo et lors des échauffements du dimanche). Je pensais que Québec était la capitale du minimalisme… je n’en suis plus certain.

J’ai été surpris de la popularité des Newton. Je n’en avais jamais vraiment vu au Québec, alors que là, ils avaient peut-être 2-3 % du marché. J’ai aussi été impressionné de voir la quantité de Brooks dans les pieds des coureurs. Ces chaussures sont plus populaires aux États-Unis qu’ici. La Kinvara est un « hit » là-bas aussi… Peu de Five Fingers et… UN coureur pied-nu lors du marathon…

À Boston, tous ceux qui sont présents ont déjà couru un marathon et ont donc au moins un peu d’expérience… Eh bien! Ce n’est pas parce que tu as de l’expérience que tu ne fais pas de conneries, car j’ai vu au moins une centaine de marathoniens avec des chaussures neuves aux pieds. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que faire un marathon avec des chaussures avec lesquelles on a jamais couru, j’appelle ça une erreur de débutant (que j’ai déjà fait).

Au final, j’ai aimé le marathon de Boston, mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est tout ce qu’il y a autour. La ville vibre au rythme de cet évènement incroyable. Les bénévoles prennent le succès de l’évènement à coeur et ça se voit… et ça s’apprécie!

La fièvre du marathon – je me suis laissé influencer

Et je ne suis pas le seul. Regardez les records de participation pour les marathons et vous comprendrez que je ne suis pas le seul à m’être fait embarqué dans cette tendance.

 Toujours plus long

Voilà la tendance actuelle dans la course à pied. Courir longtemps. Un marathon. Un ultra-marathon. Un ultra-marathon en trail. Un Ironman. Un double Ironman. À défaut de courir vite, je vais courir longtemps, jusqu’à ce que ce sois impressionnant. 10km en 50 minutes, ça n’impressionne pas beaucoup la famille, ni les amis. 42 km c’est déjà beaucoup mieux. Courir 100km, voilà un bon sujet de conversation lors de ta rencontre annuelle avec ton cousin. Impressionnant, peu importe le temps.

Est-ce bon? Est-ce mauvais? Qui suis-je pour en juger? Mon avis est que c’est  »neutre ». Ni bon, ni mauvais. En fait, j’hésite entre 2 visions de cette tendance:

Kinésiologue 1: C’est mauvais! Pour maximiser tes performances, il faut d’abord t’améliorer sur 5km, puis sur 10km, pour finalement, après de longues années de préparation, essayer de transposer cette vitesse sur marathon. Maximise ta vitesse avant de maximiser ton endurance. En plus, plus quelqu’un fait de kms à l’entraînement, plus il a de chance de se blesser. Moins ça fait longtemps que quelqu’un court, plus il a de chance de se blesser…

Kinésiologue 2: Ça te motive faire un marathon? Vas-y fort. Faire de l’activité physique, même si ta performance n’est pas maximisée, c’est déjà mieux que de rester assis sur un divan. Entre la maladie cardio-vasculaire et une petite tendinite, je prend la tendinite. Le sentiment de dépassement est superbe.  Choisis toi un beau marathon, entraînes-toi pour y arriver et gâtes-toi!

Et vous, quel de quel côté êtes vous?

Je deviens philosophique….

Pourquoi voulons-nous (je m’inclue) faire d’aussi longues distances? Ma réponse:

Parce que c’est plus facile que de courir vite.

Nous sommes à l’air de la gratification instantanée. En quelques clics, on peut s’acheter un nouveau Ipod, virer 200$ à ses parents, planifier son voyage dans le sud, tout en écoutant un film. Normal, dans ce cas, qu’on ait pas envie de s’entraîner pendant 3, 5, 7 ans avant de faire son premier marathon! Surtout que le marathon est pratiquement le seul évènement de course à pied qui a un certain prestige auprès de nos amis non-coureurs. Tu as gagné le 10km de l’université Laval? Ça n’intéresse que les mordus et les initiés. Tu gagnes le marathon de Rimouski (pourtant beaucoup moins relevé que le 10km de Laval), j’en entend parler quelques mois… Et loin de moi l’idée de dire que c’était mieux avant. Aujourd’hui, c’est comme ça, demain, ce sera autrement. Ce n’est ni pire, ni mieux…

C’est certainement plus facile et accessible de compléter un marathon que de courir 10km en 37 minutes. Plus glamour aussi. Normal, alors de faire le choix vers la longue distance. On a l’impression de se  »dépasser » en courant un marathon (ou plus long) mais pourquoi ne pas se dépasser en courant moins longtemps (plus vite?).

Parce qu’on préfère les buffets.

On préfère les buffets plutôt que les repas 5 étoile où t’as juste une petite bouchée dans ton assiette. Il reste encore quelques fines bouches, mais la plupart d’entre-nous entrons volontier chez Tomas Tam.

Pour ma part, je reviens aux sources. Je veux courir vite. Me concentrer pendant quelques années à courir vite. Je met un peu de côté le marathon et je redeviens un fin gourmet. Ne me parlez plus de Tomas Tam, je mange maintenant au Chateau Frontenac.

J’ai hâte de savoir ce que vous en pensez. Pour suivre le prochain débat: FacebookTwitterDaily Mile ou Google +.